Le printemps marque le retour des activités au potager, c’est donc une période ô combien importante où les gestes accomplis dans les premières semaines conditionnent la qualité des récoltes à venir. Préparer le sol, semer, repiquer, arroser : chaque tâche suit un ordre précis et s’inscrit dans un agenda que les conditions climatiques viennent parfois bousculer. Pour vous guider dans vos actions, nous vous partageons dans les prochains lignes un calendrier de jardinage au printemps.
Préparer le sol avant de planter
Avant toute plantation, nous vous conseillons d’ameublir le sol en profondeur à la fourche-bêche, de manière à garantir un enracinement plus facile pour les jeunes plants de légumes. Notez ensuite que l’intégration de compost bien mûr ou de fumier décomposé apporte les nutriments indispensables, notamment l’azote indispensable aux cultures gourmandes comme les choux ou les courgettes. Le sol nécessite d’être bien drainé, ni trop compact ni trop argileux, pour garantir une germination régulière et réduire les risques de pourriture des semences.
Les semis sous abri à démarrer juste avant le début de la saison
Dès la fin février, installez vos premières semences de tomates, d’aubergines et de poivrons dans des godets remplis d’un terreau léger et aéré (en incluant par exemple des billes d’argile au fond du contenant). Vous pouvez le faire notamment dans des cloches en verre ou mini-serres à étagères, en gardant à l’esprit que deux conditions indispensables à une bonne germination : la chaleur et la lumière. À cette période, vous avez également l’occasion de lancer des semences de poireaux, de céleri, de fenouil. Soyez attentifs à la météo et à l’emplacement de ces semis sous abri, une température minimale de 15 degrés, c’est une contrainte à ne pas négliger si vos nuits restent fraîches. N’arrosez pas précipitamment et utilisez de préférence un vaporisateur ou un arrosoir à pommes fines, il convient de maintenir le terreau humide avec de fines gouttelettes et de ne surtout pas risquer de noyer et par conséquent pourrir les semences.
Les semis en pleine terre dans le calendrier des cultures du printemps
Les premiers légumes rustiques, comme les épinards, les laitues, les petits-pois et les fèves, se sèment directement en pleine terre dès le mois de mars, lorsque le sol n’est plus gelé. Les carottes, les radis et les navets apprécient également une mise en terre précoce, dans un sol finement ameubli et débarrassé des adventices les plus envahissantes. Semer en rangs réguliers et bien espacés facilite les arrosages ultérieurs et simplifie le désherbage entre les jeunes pousses en cours de croissance. En mai, les haricots verts et les haricots à rames complètent le calendrier des semis en pleine terre au printemps, une fois les risques de gelées définitivement écartés selon les régions.
Le repiquage et la plantation des légumes fruits
Vous pouvez envisager le repiquage en pleine terre des plants de tomates, concombres ou encore aubergines en avril si vous résidez dans le sud de l’Hexagone, ou après les fameux Saints de Glace, à partir du 15 mai dans le cas où vous vivez dans une des régions qui connaissent des gelées tardives. Ces jeunes pousses, à planter en plein soleil, doivent être suffisamment espacés entre eux, le but étant de limiter la propagation du mildiou et des autres maladies fongiques. Il y a d’autres espèces à l’image des courges et melons qui nécessitent d’être installées plus tard, à la mi-mai voire à la fin du mois de mai selon les conditions climatiques (des nuits avec une température supérieure à 12 degrés). Pour favoriser une récolte abondante, enrichissez la terre avec un engrais organique au moment de la plantation, qu’il s’agisse de compost maison, de fumier décomposé ou de granulés d’origine végétale.
Installer les herbes aromatiques au potager
Nous poursuivons cet agenda de jardinage au printemps avec des herbes aromatiques méditerranéennes telles que le romarin et le thym, à planter elles aussi en pleine terre dès le mois d’avril dans un sol drainé et bien exposé au soleil. Les rustiques comprenant notamment le persil peuvent être introduites au sein du potager un peu plus tôt, dans la mesure où elles supportent les températures fraîches de la saison. En revanche, il convient de patienter au moins le 16 ou 17 mai pour la plantation du basilic. Ayez à l’esprit que la menthe est envahissante et se cultive de préférence en pot enterré.
Planter les bulbes, les vivaces et les fruitiers
Les légumes bulbeux que sont l’ail, les oignons et les échalotes se mettent en terre dès le début du printemps, idéalement dans un sol léger et perméable, à une profondeur équivalant à deux à trois fois leur diamètre. À l’instar de l’oseille et la ciboulette, les vivaces potagères présentent quant à elles l’avantage de revenir sans effort chaque année une fois bien établies, vous offrant une récolte régulière dès les premiers beaux jours sans nécessiter de nouveaux semis. Qu’en est-il des fraisiers ? Ils se plantent en avril, en jardinière ou en pleine terre, avec un apport d’engrais riche en potasse pour encourager une floraison généreuse et préparer une fructification abondante. Pensez à apporter du compost en surface au pied de vos arbustes fruitiers (framboisiers, groseilliers) et de vos fruitiers en pots dès le mois de mars, de manière à leur permettre de reprendre de la vigueur progressivement après les mois d’hiver.
L’arrosage et le paillage : deux aspects primordiaux de votre planning de jardinage printanier
Il est important d’arroser régulièrement au pied des plants, et de le faire en soirée pour limiter l’évaporation, sans mouiller le feuillage qui resterait humide la nuit et favoriserait les maladies. Les semis en godets demandent des apports plus fréquents mais plus mesurés, car un terreau gorgé d’eau provoque la fonte des plantules avant même leur repiquage. Prenez l’habitude de déposer une couche de paille, de tonte sèche ou de feuilles mortes au pied des plantations, ainsi vous réduirez les besoins en eau et ferez des économies. Si les aromatiques méditerranéennes traversent sans peine les épisodes de sécheresse printanière, les légumes feuilles comme les épinards ou les laitues réclament quant à eux une fraîcheur constante.
Récolter les premières cultures de la saison
Si vous avez semé des radis au mois de mars, rappelons qu’ils arrivent à maturité en quatre à cinq semaines, et qu’ils doivent être récoltés rapidement avant de devenir creux et trop piquants en bouche. Les feuilles de roquette, les épinards et les laitues se cueillent progressivement, feuille par feuille, pour prolonger la production sur plusieurs semaines sans épuiser les plants. Du côté des herbes aromatiques, le thym, la ciboulette et le persil se récoltent dès que les tiges atteignent une hauteur suffisante, en prélevant toujours le tiers supérieur de la plante pour préserver la vigueur de la touffe. Les herbes fraîches récoltées en abondance se conservent facilement, en les séchant à l’ombre dans un endroit aéré ou en les congelant dans des bacs à glaçons pour parfumer les soupes, les bouquets garnis et les préparations hivernales.
Protéger les cultures des indésirables et des maladies
Les limaces constituent la menace la plus immédiate pour les jeunes pousses de salades et d’épinards, en particulier après des épisodes de pluie. Comment s’en prémunir ? En disposant par exemple des cendres de bois ou des granulés de litière argileuse autour des rangs. Vous devez également songer à d’autres nuisibles tels que les pucerons, qui colonisent rapidement les tiges tendres des fèves et des jeunes plants de tomates. Appliquez le matin un peu de savon noir dilué dans de l’eau, vous allez freiner leur progression et n’affecterez pourtant pas vos végétaux. Autre manière simple et écologique de dissuader des ravageurs de s’attaquer à vos cultures : associer plantes aromatiques comme la lavande ou la sarriette à proximité des légumes-racines.


